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Un NAS DIY XPEnology de A à Z

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Temps de lecture estimé: 12 minutes
closeCet article a été publié il y a 6 mois 17 jours. Il commence à dater mais n est pas forcément obsolète. Lisez-le en gardant son âge en tête ! Merci.

Avertissements


Cet article est destiné à des fins informatives. L’installation de DSM sur une autre machine qu’un NAS Synology est formellement interdite. Cette méthode étant un “Hack”, il n’est pas recommandé de l’utiliser au quotidien ou en production, pour des soucis de stabilité et de sécurité.

Synology a dit :

« Il faut savoir que l’utilisation de XPEnology est illégale, et viole la propriété intellectuelle de Synology tout en enfreignant son copyright.

Il n’est pas permis d’installer DSM sur un autre serveur et peut poser des problèmes juridiques. DSM comprend deux parties :  GPL et notre logiciel propriétaire.

Synology n’a pas accordé de droit à des personnes tierces d’installer notre propre logiciel sur des serveurs non Synology. »

Source : www.cachem.fr


Qu’est-ce qu’un NAS ?

Un NAS (Network Attached Storage) est un serveur de stockage en réseau, ce n’est ni plus ni moins, une machine regroupant des disques durs. Elle va vous permettre de regrouper tous vos fichiers sur une même machine et de pouvoir accéder à ces fichiers depuis n’importe quel ordinateur se situant sur le même réseau. Pour faire simple, plus besoin de sortir sa clé USB, de copier le fichier et de coller ce fichier sur l’ordinateur du copain, de la maman ou de la grande sœur.

Ce n’est pas tout, comme vous le savez de nos jours la majorité de nos appareils peuvent être connectés à un réseau via le Wifi ou câble Ethernet et c’est le cas des télévisions. Grâce au NAS, vous aurez la possibilité de lire vos médias directement sur votre TV par exemple !

Pourquoi monter son NAS ?

Que ce soit pour des motivations économiques ou pour maîtriser complètement la machine… Les raisons peuvent être multiples et propres à chacun.

Fabriquer son propre NAS, est-ce vraiment intéressant ? Tout dépend de ce qu’on entend par intéressant. Si c’est financièrement parlant, la réponse est OUI.

À l’instar du monde PC, il est plus économique de monter son ordinateur que de l’acheter tout fait. Intellectuellement aussi, c’est très intéressant puisque vous allez pouvoir personnaliser à souhait votre NAS.

La plupart des NAS du commerce fonctionnent avec des processeurs ARM ou Atom. Ces derniers consomment peu d’électricité, mais sont limités à des fonctions propres à chaque constructeur, généralement peu consommatrices de ressource. Par exemple, vous ne pourrez pas faire tourner de machine virtuelle avec Teamspeak et un serveur Minecraft sur un NAS clé en main.

Qu’est-ce que XPEnology ?

XPEnology est une distribution permettant de transformer un ordinateur/serveur en un NAS Synology… Comprenez par là qu’il est possible d’installer l’OS Synology DiskStation Manager (DSM), système reconnu pour son ergonomie et ses fonctionnalités, comme si vous utilisiez un NAS du constructeur.

C’est aussi une manière de créer, par exemple, un NAS bien plus puissant que les NAS Synology d’entrée de gamme, pour du transcodage vidéo à la volée par exemple, très gourmand en ressources.

Techniquement Disk Station Manager est basé sur un noyau Linux sous licence GNU (http://sourceforge.net/projects/dsgpl/ pour les curieux), cela signifie que le code source est libre et peut être modifié.

L’équipe XPEnology récupère et modifie le noyau DSM, pour fournir un “bootloader” (ou un “chargeur de système”) au format ISO, appelé “XPEnoboot”. Il permet de simuler l’exécution d’un NAS Synology et d’installer DSM sur pratiquement n’importe quelle configuration.

L’équipe XPEnology utilise principalement la version de DSM du Synology “DS3615xs” qui est l’un des seuls NAS Synology à l’heure actuelle à utiliser un processeur X86, qui est le type de processeur utilisé par 90% des ordinateurs aujourd’hui.

Oui, mais …

Il reste cependant de gros inconvénients à l’utilisation de XPEnology.

  • Pour commencer, c’est illégal et interdit par Synology : l’usage de DSM est restreint aux NAS Synology. Cela limite l’utilisation de XPEnology à des fins de tests ou de démo.
  • Autre contrainte, la mise à jour de DSM demande aux équipes de XPEnology de fournir un nouveau loader compatible. C’est l’un des gros points forts des équipes de Synology : les nouveautés régulières de DSM ou leur réactivité face aux failles de sécurité et correctifs, choses dont ne profitent pas les utilisateurs de XPEnology immédiatement. On rappellera que les premières victimes du ransomware Synolocker étaient des utilisateurs XPEnology.
  • Dernière contrainte, lors de l’installation de XPEnology sur une machine physique et même si les développeurs incluent un maximum de pilotes à leur loader, il arrive que la prise en charge matérielle ne soit que partielle. Cela concerne principalement l’interface réseau et les cartes RAID, une liste de périphérique compatible est disponible sur ce site: http://xpenology.me/compatible/.

Ma configuration

Alors attention, il s’agit ici de mes choix matériels. Ceci n’est qu’un exemple. Je vous laisse choisir votre propre configuration qui vous permettra d’avoir un NAS rapide et surtout puissant. À vous le multitâche, le lancement de machine virtuelle, Kodi et autres joyeusetés.

Caractéristiques principales :

ComposantRéf.Prix constaté
Carte mère + ProcesseurGigabyte GA-J3455N-D3H101,73 €
Mémoire-viveKingston HX318LS11IB/439,99 €
AlimentationCorsair CP-9020170-EU55,49 €
Rack (boîtier)Yakkaroo IPC-E238129,99 €
Total327,20 €

Définition des composants

Nous allons nous servir de l’expérience de Synology et de la segmentation de leurs produits 4 baies pour dimensionner la puissance de notre NAS.

Carte mère et Processeur

Carte-mère Gigabyte GA-J3455-D3H
Carte mère Gigabyte GA-J3455-D3H

En nous appuyant sur la base de connaissances de Synology, nous allons dimensionner les caractéristiques de notre processeur. Le forum XPEnology recommande d’utiliser des processeurs de marque Intel.

Les chiffres montrent qu’un processeur de 4 cœurs, de 2 à 4 threads par cœur, avec une puissance de 1,6 GHz serait un bon choix.


Je vous partage mon analyse des produits 4 baies sous forme d’un fichier Excel 😉

Analyse CPU

Dans un premier temps, il est important de comprendre la nomenclature Intel. Ensuite on peut utiliser l’outil en ligne du fondeur pour trouver notre bonheur : SANS filtre, AVEC filtre. Je vous glisse également un lien vers la Roadmap d’Intel qui est toujours intéressante à consulter ;).

Le problème de la gamme de processeurs que nous allons viser c’est qu’ils ne sont pas vendus au détail comme nous en avons l’habitude, mais directement montés sur une carte mère d’un constructeur (embeded). Du coup le choix de la carte mère et du processeur est lié.


Les différentes tailles de carte mère

Le choix d’une carte mère débute par le choix d’un format. En effet, la taille de votre carte mère sera plus ou moins importante selon la taille de votre boîtier ou le nombre de composants que vous souhaitez y intégrer. Voici une liste non exhaustive des différents formats de cartes mère :

  • ATX (30,5 x 24,4 cm) : C’est le format idéal pour votre PC de bureau offrant une quantité satisfaisante de ports d’extension. Le plus souvent, les cartes ATX possèdent 7 slots d’extension et 4 connecteurs pour mémoire vive. Ses dérivées sont le Micro-ATX (24,4 x 24,4 cm) et le Flex-ATX (22,9 x 19,1 cm).
  • Micro-ATX (24,4 x 24,4 cm) : C’est la version dérivée de l’ATX la plus répandue. Destiné aux barebones voire au mini-PC, ce format est parfois imposé par de petits boîtiers. Le plus souvent, les cartes µATX possèdent 4 slots d’extension et 4 connecteurs pour mémoire vive.
  • BTX (32,5 x 26,7 cm) : Ce format créé et soutenu par Intel ne s’est pour le moment pas encore imposé face à l’ATX. Les cartes BTX proposent les mêmes ports d’extension que les cartes ATX pour des dimensions légèrement supérieures, mais Intel a entièrement repensé l’agencement des composants pour améliorer les taux de transfert et diminuer la dissipation thermique. Ses dérivées sont le Micro-BTX (26,4 x 26,7 cm) et le Pico-BTX (20,3 x 26,7 cm).
  • ITX (21,5 x 19,5 cm) : lancé par Via, ce format extrêmement compact est destiné au mini-PC. Économie de place, mais moins d’évolutivité : les cartes ITX ne sont souvent équipées que d’un ou deux connecteurs RAM et d’un ou zéro slot d’extension. Ses dérivées sont le Mini-ITX (17,0 x 17,0 cm) et le Nano-ITX (12,0 x 12,0 cm).
  • DTX (24,8 x 20,3) : Denier format lancé sur le marché par AMD, il a été conçu pour les petits PC à faible dissipation thermique. Son dérivé est le Mini-DTX (17,0 x 20,3 cm).

Sourcevonkrafft.fr


Personnellement j’ai opté pour une Gigabyte GA-J3455N-D3H qui est au format mini-ITX, ce qui est parfait pour l’encombrement dans le Rack où l’espace peut être restreint.

Vous pouvez comparer les performances des différents processeurs embeded via des sites tels que https://www.cpubenchmark.net/ ou http://cpuboss.com/. (Je vous recommande de bien lire les détails de ces tests, car un nombre de points élevés n’est pas forcément signe qu’un processeur plus puissant.)

RAM

Kingston HyperX Impact

Pour la RAM, rien de plus simple, ici c’est la carte mère qui dicte les règles du jeu :

  • 16 Go de RAM MAX
  • DDR3L
  • SO-DIMM
  • Dual Channel
  • 1866/1600/1333 MHz
  • non-ECC

En plus le support de Gigabyte nous recommande même une liste de références testées et approuvées avec notre modèle de carte mère. On ne peut pas se tromper !

Du coup, nous optons pour une barrette Kingston HyperX Impact en module de 4 Go (cela sera largement suffisant !). La fiche technique complète est ici.


En complément et toujours dans ma phase de dimensionnement, je vous partage mon analyse de la RAM des NAS Synology 4 baies sous forme d’un fichier Excel 😉

Analyse RAM

Disque dur (stockage)

Au niveau du stockage je suis partie sur un stockage de 16 To en RAID 5 (4 x 4 To). Sur 16 To, 12 To seront du stockage utile, 4 To seront dédiés à de la redondance de données. À noter l’existence d’une calculatrice de RAID que j’apprécie beaucoup sur le site de Synology. Pour les foufous du stockage et de la performance, j’ai trouvé un article très détaillé sur le sujet ici.

Il est à noter que les disques durs représenteront le plus gros foyer de dépense du projet !

Pour sélectionner le modèle de mes disques durs, j’aime consulter les rapports sur les pannes de disques durs du premier fournisseur (c’est eux qui le disent 😉 ) de services de stockage et de sauvegarde dans le cloud : BackBlaze. Backblaze est une société spécialisée dans le stockage qui propose des offres de sauvegardes en ligne aux particuliers et aux professionnels. Elle utilise donc un grand nombre de disques durs (pas moins de 86 529 fin 2017) et elle en profite pour faire quelques statistiques sur les pannes rencontrées.


Dans ses tableaux, Backblaze indique le taux de panne annualisé. Il ne s’agit donc pas simplement de diviser le nombre de disques durs qui ont rencontré un incident par le nombre de disques en service, mais de prendre en compte la durée pendant laquelle les HDD étaient en service. Le taux de panne annualisé est donc calculé en fonction du Drive Days et du Drive Failures, pas sur le nombre de Drive Count, indique la société.

Pour résumer, le taux de panne annualisé (en pour cent) est calculé de la manière suivante :

100 x (Drive Failures x 365)/(Drive Days)

Après lecture de ces rapports, mon choix s’arrête sur la marque HGST. N’ayant pas des besoins Entreprise (même si des fois, on se demande :D), mais n’ayant pas non plus un usage purement Bureautique, la gamme NAS, conviendra parfaitement (la gamme en détails).

On peut également trouver sur le site Synology, un listing des disques durs testés.

Modèle choisi : HDN724040ALE640 (64 Mb de cache) ou HDN726060ALE614 (128 Mb de cache)

Rack (boîtier)

Rack Yakkaroo IPC-E238

J’ai pour optique d’installer ce NAS dans un local technique dans mon futur logement dans une baie informatique où tous mes équipements réseau et système seront centralisés. Qui dit baie informatique, dit équipement (ou châssis pour parler purement du boîtier) rackable.

Pour plus de simplicité de câblage et d’encombrement (surtout en profondeur), j’ai choisi de partir sur un rack 2U. Un rack 1U fait grimper le prix des composants annexes, notamment l’alimentation, et demande à avoir une baie de brassage système (très profonde, à approximativement 1 mètre de profondeur) et non une baie classique réseau (2 fois moins profonde).


Une unité de rack (symbole U) désigne la hauteur normalisée d’un équipement électronique conçu pour être monté dans un rack. Une unité de rack mesure 1,75 pouce (soit 44,45 mm) de haut.

Par pure coïncidence, 1U équivaut précisément à 1 vershok, qui est une autre unité de longueur russe aujourd’hui obsolète.

Alors que l’unité de rack décrit la hauteur en multiples de U à la fois pour les racks 19 pouces et les racks 23 pouces de large, ce sont les racks de 19 pouces de large qui sont les plus couramment utilisés.

Les racks 23 pouces sont issus d’un standard de la compagnie Western Electric. Ils sont toujours employés dans les installations historiques de l’ESLT/ESLC.

La hauteur d’un équipement qui peut être monté en rack (on dit aussi « équipement rackable ») est généralement exprimée en multiples de U. Par exemple, une unité de rack s’écrit « 1U », 2 unités de rack « 2U » et ainsi de suite.

SourceWikipédia


Après beaucoup de recherches pour déterminer les fabricants/revendeurs majeurs, et comprendre les différentes fiches techniques, mon choix s’est arrêté sur le Rack 2U de la marque Yakkaroo IPC-E238.

Le boîtier est muni de 2 ventilateurs de 80 mm (un peu bruyants selon quelques avis vus sur le net, mais facilement remplaçable), accepte les cartes mères au format mini-ITX et micro-ATX, et est doté de 4 emplacements pour disques durs de 3,5″. J’apprécie tout particulièrement la présence d’un filtre anti-poussière frontal et d’une serrure avec son jeu de 2 clés pour verrouiller le châssis. On note également 2 ports USB 2.0 (le 3.0 est en option) en façade, des témoins d’activité et de tension et un bouton POWER et RESET. De plus, les dimensions sont plutôt contenues : (LxPxH) 483 mm x 380 mm x 88 mm.

 

Il est à noter que tous les boîtiers que j’ai pu trouver sont vendus sans alimentation et c’est justement la question de notre prochaine partie ;).

Alimentation

La première alimentation recommandée en option par Yakkaroo pour son châssis est une alimentation de 400W au format ATX/EPS de marque Seasonic SS-400ES avec un ventilateur de 80 mm. Non pas que je doute des caractéristiques techniques de cette alimentation, mais elle ne m’inspire pas confiance et j’ai choisi d’aller voir du côté de Corsair qui est pour moi un gage de confiance sur ce type de composant informatique.

En me calquant sur les spécifications du modèle de chez Seasonic, j’ai déniché la Corsair VS450 (CP-9020170-EU) qui fera parfaitement son office.

Corsair VS450 (CP-9020170-EU)
Corsair VS450 (CP-9020170-EU)

/!\ PARTIE INSTALLATION EN COURS DE RÉDACTION /!\

Installation

Prérequis

Création d’une clé USB bootable

Installation de XPEnology

Mises à jour

Le mot de la fin

Monter son propre NAS, c’est possible !

Loin de ce que peut proposer les constructeurs du marché, le NAS (fabriqué maison) peut une alternative intéressante, et ce en bien des points … mais pour une unité de stockage avec au moins 3 disques durs. Si vous cherchez un NAS 2 baies, prenez un boîtier d’un constructeur.

Un NAS 4 baies performant clé en main vous coutera au minimum 500€ (nu)… Heureusement, les prix diminuent année après année. Les NAS des marques bien connues (Synology, QNAP, Thecus, Asustor…) disposent tous d’une interface de gestion agréable et de nombres applications/packages pour les boîtiers … sans parler des applications pour les PC/Mac et appareils mobiles.

Il faut bien l’avouer, monter/installer un NAS n’est pas à la portée de tous les GEEKS. Si vous souhaitez stocker/partager vos données en toute simplicité … passez votre chemin et faites confiance à un constructeur. Si vous souhaitez recycler un ancien PC, pour en faire une unité de stockage, le jeu en vaut vraiment la chandelle !


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Romain D.
Perdu dans une trame Ethernet.

2 commentaires sur “Un NAS DIY XPEnology de A à Z

    1. Pas essayé, mais je ne vois pas pourquoi ça ne le ferait pas. Intel précise que la virtualisation est OK avec le processeur Celeron® J3455 et niveau puissance Synology vends des machines avec puissances identiques pour de la virtualisation ;).

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